Introduction

Introduction

Cannes, commune littorale bordée par la mer Méditerranée, environnée de vallons, au réseau hydrographique complexe, est depuis toujours un espace exposé aux aléas climatiques (inondations, feux de forêts, tempêtes, séismes, glissements de terrains, gels, etc.). Les premières traces d’une catastrophe naturelle – c’est-à-dire d’un évènement d’intensité exceptionnelle par l’ampleur des dégâts engendrés - remontent à l’Antiquité et concernent les îles de Lérins. L’archéologie a en effet révélé qu’un puissant séisme suivi d’un tsunami a modifié la topographie de l’archipel à la fin du IVe siècle ou au tout début du Ve siècle, faisant de ce lieu à l’activité religieuse et commerciale florissante, un endroit décrit comme désolé et inhabité à l’arrivée de saint Honorat et de saint Caprais à la même période.

 

Dans les archives municipales, les premières références à des catastrophes naturelles relevées dans les actes de l’administration communale datent du tout début du XVIIIe siècle : en 1709, la rigueur extraordinaire de l’hiver a fait périr tous les arbres et toutes les plantes de la communauté. Par la suite, presque chaque année, de manière répétée, les édiles locaux délibèrent pour venir en secours aux victimes, nettoyer les chemins et les rues, curer les vallons, réparer les ouvrages détériorés mais aussi pour apporter ou tenter d’apporter des réponses préventives et structurelles dans l’objectif de réduire les conséquences humaines et matérielles. La protection du territoire et de ses habitants est un défi permanent à relever. A titre d’exemple, depuis la création du régime des catastrophes naturelles instauré par la loi du 13 juillet 1982, Cannes a obtenu à ce jour la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle à cinquante et une reprises pour différents phénomènes survenus sur son territoire (inondations et/ou coulées de boues, sécheresses, coups de mer, mouvements et glissements de terrains, tempêtes).

 

Dix ans après les inondations meurtrières du 3 octobre 2015, véritable traumatisme collectif, alors que les effets du réchauffement climatique sont mesurés sur le bassin cannois – avec des épisodes de sécheresse plus précoces, des précipitations plus intenses génératrices de crues-éclairs dévastatrices, les Archives municipales proposent à travers cette exposition, de revenir sur 300 ans d’histoire des catastrophes naturelles à Cannes, en présentant les facteurs de risque, les différents évènements enregistrés, l’évolution des moyens de lutte et des politiques publiques locales portées à l’échelon communal et intercommunal aujourd’hui largement tournées vers la sensibilisation, l’anticipation et l’implication citoyenne pour à la fois réagir efficacement lors du passage d’un phénomène et en amont, prévenir le risque.

Palmiers enneigés pendant le grand froid de décembre 1927. Photographie Richard, AMC 33S1
Palmiers enneigés pendant le grand froid de décembre 1927. Photographie Richard, AMC 33S1

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